Dossier : Au cœur du capitalisme d'aujourd'hui


Les défauts et les défaillances du capitalisme sont toujours là, et plus que jamais là, mais les solutions imaginées dans le passé pour y remédier ont fait long feu. Il n’y a plus qu’une poignée de militants pour croire que l’« appropriation collective des moyens de production » nous en délivrerait. D’où le sentiment répandu qu’il n’y a rien à faire et qu’il s’agit juste de réparer les dégâts sociaux inséparables d’une économie concurrentielle, en laissant par ailleurs le système courir son train.

Mais si ces échecs et cette impuissance étaient le fruit d’une erreur de méthode ? En globalisant le problème, on le rend insoluble. Dès lors, au contraire, qu’on le décompose et qu’on le prend élément par élément, des marges de manœuvre se profilent. C’est ce que montrent, chacun à leur manière, les textes réunis dans ce dossier.

C’est exemplairement vrai des règles comptables, ainsi, comme le montre Jacques Richard en en retraçant l’histoire. Loin de se réduire à une technique subalterne, elles façonnent le fonctionnement du capitalisme. Mais elles laissent aussi entrevoir, par là même, la possibilité d’en infléchir significativement le cours.

C’est encore le cas de la rémunération des dirigeants. Elle est fonction des lois du marché, nous explique–t–on doctement pour clore la discussion. Pas du tout, établit Maxence Brischoux : elle dépend de cette donnée fort mal connue qu’est la « constitution politique » des entreprises. C’est en portant la lumière dans cette zone obscure qu’on se donne les moyens de définir d’autres règles.

Il en va de même du statut des entreprises. Étrangement, la réalité de celles–ci n’a pas de place en tant que telle dans le droit. C’est cette inexistence juridique, fait valoir Jean–Philippe Robé, qui leur a permis, en contournant les contraintes politiques, d’acquérir leur position de force actuelle vis-à–vis des États. Il s’agit de corriger cette anomalie pour les faire rentrer sous la règle commune.

S’il est une relation d’égalité communément admise, c’est celle qui fait tenir pour des équivalents le « libéralisme » et le « capitalisme ». Et pourtant, cette identification mérite d’être interrogée, plaide Valérie Charolles. Loin de se confondre, les termes se contredisent à plus d’un égard. En quoi le libéralisme bien compris n’est pas sans fournir des armes contre les dévoiements du capitalisme.

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