Dossier : Sur la situation politique française


Nous avons connu une élection présidentielle marquée par un imprévu majeur : la présence du candidat de l’extrême droite au second tour. Il s’est ensuivi une impressionnante tempête politique de quinze jours. Puis sont intervenues des élections législatives qui ont témoigné d’un retour au classicisme non moins inattendu, après ce choc de grande ampleur : une abstention élevée, en dépit du « sursaut républicain », une chute, voire un laminage des extrêmes qui avaient connu le succès lors du précédent scrutin, un rejet de la cohabitation que l’on croyait populaire. Au terme de ces quatre tours et de ce parcours heurté, qu’en est-il, au-delà des chiffres, du rapport des forces politiques ? Où en est l’identité de la droite victorieuse ? Que peut la gauche défaite ? René Rémond et Marcel Gauchet confrontent leurs analyses.

La dernière campagne présidentielle a confirmé en l’amplifiant un phénomène original déjà remarqué en 1995 : cette échéance politique majeure devient en outre un événement éditorial toujours plus considérable. Elle s’accompagne d’une floraison de titres de plus en plus nourrie. À côté de livres d’hommes politiques et sur les hommes politiques, elle est l’occasion d’une sorte d’introspection nationale. Il y a là une dimension du débat public qui mérite d’être scrutée pour elle-même. Bénédicte Delorme-Montini situe le phénomène et en propose un inventaire raisonné. Max Gallo, en observateur engagé, Hervé Juvin, en observateur indépendant, donnent chacun leur lecture de ce qui s’est exprimé de la sorte en marge de la confrontation officielle.

Nous complétons le dossier par trois articles qui traitent chacun d’un facteur qui a joué un rôle significatif dans la campagne, de façon ouverte ou sous-jacente. Le 11 septembre a été la toile de fond de la compétition. Michel Guénaire examine, avec le recul d’un an, les effets en profondeur que le choc a produit dans l’univers occidental. La question des 35 heures, de leurs bénéfices et de leurs dommages, a été au centre de la campagne. Paul Yonnet revient sur les enjeux cruciaux désormais attachés à l’aménagement du temps libre. De la « fracture sociale » au « zéro S.D.F. », la question de l’exclusion, sans tenir la vedette, a été la mauvaise conscience permanente des candidats. Denis Olivennes fait ressortir, sur un exemple, la difficulté de l’État à la traiter. Elle ne s’administre pas comme le reste ; elle demande de repenser une méthode.

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