Présentation

Cette année en 8, les hasards du calendrier font se télescoper une impressionnante série d’anniversaires. C’est l’occasion de réfléchir sur ce que ces dates historiques représentent pour notre présent et, plus largement, sur la signification du phénomène commémoratif auquel Le Débat n’a cessé de prêter une attention soutenue.

1848 n’est plus la date de l’irruption du « spectre du communisme » dans le monde, mais il reste associé à un « printemps des peuples » dont la formule a fait florès. Jean-Claude Caron en retrace les cheminements et les multiples actualités.

La Grande Guerre a fait l’objet, depuis 2014, d’innombrables manifestations mémorielles, à la mesure de l’empreinte laissée par cette cassure dans l’histoire européenne et mondiale. La clôture du cycle, en 2018, incite à revenir sur le sillage de cet événement hors norme. Sa perception rétrospective a été tout sauf linéaire. Pierre Nora retrace les étapes de sa mise en mémoire. Pour une notable partie, ses conséquences se sont fait sentir par l’intermédiaire du traité de Versailles qui a refermé le conflit. Krzysztof Pomian en examine le bilan, avec le recul du siècle.

La Déclaration universelle des droits de l’homme n’a pas fait grand bruit en 1948. C’est bien après que le texte a révélé sa portée. Valentine Zuber tire les leçons de ce parcours singulier.

La fondation de la Ve République en 1958 s’avère beaucoup plus compliquée à commémorer qu’on n’aurait pu le croire, montrent chacun à leur façon Nicolas Roussellier et Jean-François Sirinelli. La chronologie de l’événement lui-même est à plusieurs faces, fait ressortir ce dernier, tandis que le premier souligne la difficulté de cerner la teneur de l’innovation institutionnelle qu’il a apportée.

Le cinquantième anniversaire de Mai 68 a marqué une rupture par rapport aux anniversaires précédents. Nous vivions encore en 2008 sur la lancée de l’événement. Cette fois, la distance est prise. Jean-Pierre Rioux livre une première analyse à chaud de cette transformation. Pascal Ory en scrute les effets sur les interprétations de cette « révolution » inclassable.

Nous joignons au dossier deux réflexions qui illustrent les ambiguïtés du phénomène mémoriel. Qu’est-ce, au juste, que commémorer ' La récente « affaire Maurras » a mis la question sur la place publique. Jean-Noël Jeanneney en dégage les enseignements. Les dernières décennies ont été le théâtre d’une intense activité législative en la matière. Nikolay Koposov en dresse un tableau d’ensemble qui en fait apparaître les tensions.



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