Présentation

La puissance transformatrice des technologies numériques ne fait de doute pour personne. Chacun en a quotidiennement les retombées sous les yeux dans tous les domaines. À partir de là, elles sont naturellement devenues le support d’une imagination débridée quant à leurs possibilités futures, des prouesses d’une intelligence artificielle destinée à supplanter l’intelligence humaine à l’avènement d’une sur- ou d’une trans-humanité démultipliée dans ses facultés. De la nécessité, face à ce prophétisme intempérant, de garder la tête froide et de soumettre ces anticipations alarmantes et ces extrapolations époustouflantes à un examen rigoureux.

Parmi ces annonces sensationnelles, il en est une qui mérite une attention particulière : celle de la fin de la science telle que nous la connaissions. Elle a été formulée dans un article de Chris Anderson, déjà ancien, puisqu’il date de 2008, mais très influent, auquel on doit reconnaître l’intérêt de soulever une question essentielle : le spectaculaire accroissement des capacités de traitement des données, ce que résume l’expression de « big data », ne périme-t-il pas la démarche scientifique classique ' Celle-ci était fondée sur la recherche de causalités. Le big data n’autorise-t-il pas à lui substituer avantageusement le dégagement de corrélations statistiques ' L’enjeu intellectuel, on le reconnaîtra, n’est pas mince. Aussi nous a-t-il paru utile de mettre cette hypothèse provocante à l’épreuve d’une discussion approfondie de la part d’esprits qui savent ce que science veut dire. Nous remercions Daniel Andler, Valérie Charolles, Jean-Gabriel Ganascia et Marc Mézard de leur contribution à cet exercice critique.



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