Dossier : Les Bienveillantes de Jonathan Littell


La publication des Bienveillantes a été un choc, ce qui est devenu rare dans la vie littéraire. Un choc qui ne concerne pas que la littérature. Il regarde tout autant la mémoire collective et la façon d’assumer la part la plus inconcevable de l’histoire du xxe siècle, l’épisode nazi. L’écho énorme que l’ouvrage a rencontré est en lui-même à cet égard un phénomène qui appelle la réflexion. C’est à ce titre et sous cet angle que nous avons voulu scruter cet événement hors norme dans ses différentes dimensions.

L’auteur, pour commencer. Comment ne pas s’interroger sur les intentions qui ont poussé un homme jeune, inconnu hier encore, à se lancer dans cette œuvre somme et cette entreprise limite pour restituer de l’intérieur une expérience qu’il n’a pas vécue – et quelle expérience! Jonathan Littell a bien voulu en discuter longuement avec nous. Nous l’en remercions vivement. Il s’entretient avec Richard Millet, qui a été l’éditeur de son livre, de la création romanesque aujourd’hui, de ses sources d’inspiration, des lectures qui ont nourri la gestation des Bienveillantes. Il revient avec Pierre Nora sur le matériau historique mis en scène dans son roman, sur la relation du romancier à l’histoire, sur la réception du livre.

Une des originalités frappantes des Bienveillantes réside dans le rapport délibérément noué avec de grandes œuvres du passé, lointain ou proche. Florence Mercier-Leca analyse ainsi le dialogue avec l’Orestie d’Eschyle, qui donne au livre sa trame et son titre, tandis que Georges Nivat examine le réemploi des auteurs russes. Daniel Bougnoux replace le personnage du narrateur, Max Aue, dans la lignée des héros romanesques.

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