Dossier : Le monde devant la puissance américaine


Ce qui n’était qu’une des interprétations possibles de l’état du monde est devenu une donnée de fait avec l’intervention américaine en Irak. Il existe une puissance à part des autres, déterminée à agir sans l’aval des autres pour ce qu’elle estime être l’intérêt supérieur de la communauté internationale. Une puissance qui, forte de sa foi démocratique et de sa bienveillance à l’égard du reste du monde, entend exercer la plénitude de ce qu’elle juge être sa responsabilité unique en matière d’ordre planétaire. Il va falloir vivre avec cette asymétrie inédite, en gestation depuis la fin de l’U.R.S.S., en 1991, mais dorénavant installée. Il s’agit d’en apprécier les composantes, à commencer par les dispositions du protagoniste principal, les États-Unis, et d’en scruter les conséquences. Que va vouloir dire l’hégémonie américaine, si hégémonie il doit durablement y avoir ?

Hubert Védrine est l’un de ceux qui ont le plus tôt attiré l’attention sur les évolutions de ce qu’il a appelé l’« hyperpuissance ». Il revient avec nous sur les données de la situation créée par l’intervention en Irak.

Georges Le Guelte analyse la réalité des rapports entre les États-Unis et l’Europe, au-delà des discours des uns et des autres. Quelle place pour le Vieux Continent dans l’ordre unipolaire tel qu’il est voulu par l’administration américaine actuelle ?

Comment concevoir dans tous les cas le bras armé dont l’ordre international a besoin ? Existe-t-il une véritable alternative au recours au gendarme américain ? Philippe Moreau Defarges expose les termes du problème.

Tony Judt examine de l’intérieur la vision américaine de ses partenaires et de ses adversaires ; il interroge les ressorts de ses inflexions récentes.

La contestation de la mondialisation a ses racines propres, bien antérieures aux derniers développements de la situation internationale. Mais ceux-ci ne peuvent pas ne pas modifier les orientations du mouvement. Eddy Fougier fait ressortir les effets contrastés du 11 septembre sur la protestation dirigée contre l’américanisation libérale de la planète.

Les habits neufs du président Chirac ont conduit plus d’un à se demander ce qu’aurait pensé le général de Gaulle de la conduite de son successeur et disciple. Nul n’était plus qualifié que notre ami Jean Lacouture, dont on n’a pas oublié la monumentale biographie du général, pour faire parler les mânes de l’illustre modèle et donner un tour plausible à l’échange du mort et du vif. Nous le remercions chaleureusement d’avoir bien voulu se livrer pour nous à cet exercice.

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