Dossier : Peut-on encore enseigner la philosophie ?


Les années 1990 ont été marquées par une controverse aussi âpre que confuse autour des programmes d’enseignement de la philosophie au lycée. Les passions sont retombées sans que la situation se soit beaucoup éclaircie ni que les difficultés avouées de tous aient été surmontées. Mais c’est sans doute qu’il y avait une erreur de démarche à la base de ces disputes, erreur qui les condamnait d’avance à l’impasse. Avant de débattre de ce qu’il convenait d’enseigner, il eût fallu commencer par s’entendre sur la nature et la source des problèmes rencontrés par l’enseignement de la philosophie dans les conditions qui sont les siennes aujourd’hui. C’est à ce nécessaire travail préalable de diagnostic que s’emploient les deux articles réunis ici.

Éric Deschavanne replace ce qu’il regarde comme une crise profonde dans l’histoire de l’organisation des études depuis le xixe siècle. Il met en lumière, avec le recul, les dilemmes dans lesquels la discipline s’est enfermée, face aux évolutions récentes de ses conditions d’exercice, dilemmes dont on peut craindre, suggère-t-il, qu’ils ne soient insolubles.

Philippe Hoyer met en avant le facteur d’individualisation pour expliquer le changement des attitudes et des attentes chez les élèves. C’est lui, à ses yeux, qui est à l’origine de la crise de sens qui frappe électivement le discours philosophique. Mais il pourrait également se révéler une nouvelle source de sens, si l’on savait en exploiter les potentialités.

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