Présentation

Entre révolutions démocratiques à l’issue incertaine et poussée des fondamentalismes les plus radicaux, le monde arabo-musulman est entré dans une zone de haute turbulence.

Le phénomène le plus frappant de cette effervescence dans la dernière période a été le surgissement de l’« État islamique » en Syrie et en Irak, avec sa revendication du califat. Celle-ci est en réalité à relier avec d’autres, passées plus inaperçues, montre Mathieu Guidère. Il en éclaire la signification dans le champ des options ouvertes aux différents courants et mouvements fondamentalistes. Boualem Sansal revient, de son côté, sur les racines de cette pulsion restauratrice.

Dans ce contexte, le cas tunisien, où les prétentions religieuses restent contenues dans le cadre démocratique, prend une valeur exemplaire. Abdelwahab Meddeb analyse le rôle trouble d’une certaine vision américaine des rapports entre politique et religion dans l’élaboration de la nouvelle Constitution.

Il est de bon ton de louer la tolérance dont les sociétés musulmanes auraient traditionnellement fait preuve à l’égard des autres religions. Georges Bensoussan remet en question cette image irénique à propos du sort réservé aux juifs de la région.